Dimanche 16 octobre 2005
Il est des disques que l’on achète mais qui finalement déçoivent. Alors, on les range sur l’étagère, et on les oublie. Ils prennent la poussière à côté des engouements qui n’ont pas su résister au passage du temps et des modes.
C’est à la radio ou peut-être sur la compilation d’un magazine que j’ai découvert Believe in us et Keep it a secret. Quelques mois après cette première écoute, j’avais encore le souvenir des sons lancinants, aussi ai-je acquis l’album. Bien qu’il avait passé cette première épreuve de temps, il m’a très vite déçu : il était trop fade, trop calme peut-être. Trop triste ? Je ne sais. Il a rejoint quelques Tangerine Dream et un Grateful Dead qui se désespèrent de repasser sur la platine un jour.
Pourtant, depuis quelques jours, je redécouvre ce disque de Jay Jay Johanson.
Believe in us est une chanson fragile, annoncée par un jeu de cordes, continuée par une batterie aux marteaux lents et suspendue à la voix haute et légère du chanteur. Colder continue dans la mélancolie. Keep it a secret commence par craquer comme un vieux vinyle comme pour signifier que la chanson vient de loin, puis elle est réveillé par les guitares électriques et rock, et la voix plaintive de Jay Jay Johanson nous fait entrer dans la confidence de deux amants, entre confiance et trahison : « don’t worry, my lips are sealed ».
Dans l’ensemble, l’album est une plainte mélancolique, les mélodies sont fragiles comme des amours cassants. Les rythmes et les basses, hypnotiques, insufflent une lenteur poisseuse. La voix, haute, est toujours sur un fil. C’est la voix d’une victime d’amours volées, trahies ou trop espérées. C’est un album empoisonné qui diffuse un engourdissement tranquille et maléfique, comme si l’on sirotait un verre d’émotions distillées…
C’est une invitation au calme mélancolique.
Jay Jay Johanson Poison, BMG, 2000
