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Humeurs libres

Mercredi 28 septembre 2005

J'ai sans doute voulu dire qu'on pouvait s'illimiter. Se transformer en oiseaux mythiques. Voler et habiter les nuages. N'etre que la proie du temps sur la proue du navire. Regarder les vagues passer. Errer, errer, errer encore. Vagabonder sur la mer et le long des côtes. Regarder le littoral s'effondrer. Il y a comme un désastre tranquille que l'on observe de loin. Tu ne vois rien venir, mais dans ma poitrine je le sens. Comme un sentiment de ruine. Un effondrement lent...

J'ai sans doute voulu dire qu'on pouvait se diviser. Se séparer en multiples entités. Une qui agit, deux qui regardent. Une qui se déplace dans la pénombre, deux qui cherchent la lumière.

Savons-nous, savons-nous où nous allons ? Je tisse le temps mais en arrière. Toutes choses sont à l'envers ! Avec qui, avec qui veux tu te multiplier ? Est-il possible de s'oublier ? Peut-on s'effacer ?

Je voudrais etre là. Entre ses bras là. Mais aussi, briller dans ses yeux-ci. Pourquoi, pourquoi c'est toi qui m'embrasses ?

Je sens le vent qui me cingle et l'eau qui gicle sous mes ailes. Je crois voler mais j'ai du mal à marcher.

J'ai sans doute voulu dire qu'on pouvait s'illimiter. Et ne jamais se noyer. Perdurer et continuer à voler. Mais vois-tu, vois-tu, j'ai du mal à marcher. Je crois que je vais glisser, là, avec le littoral m'effondrer.

 

 

Improvisation sur "Sans filet" de Louise Attaque, extrait de Comme on a dit.

Par PB
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Dimanche 23 octobre 2005

J'ai le moteur encrassé, la cervelle embrumée. Et en meme temps, je sens l'énergie qui bouillonne. Des combats vous laissent KO. Mais vite, il faut remonter sur le ring. Prendre un grand verre de pétrole bien poisseux, plus collant que la mélasse, plus noir que la bile. Un truc vraiment à vomir mais terriblement fort. De la vodka à 1000 degrés. Ca vous retourne la tete, ca vous déchire les veines. Mais ca actionne le désir et l'envie.

Faut que ca gicle, que ca gigote à l'intérieur. T'as le coeur qui pompe comme le carbu d'un vieux camion déglingué. Et pourtant, t'as le sentiment d'etre une formule 1 à fond dans un virage. Ca bouge, ca bouge, tout va très vite. Mes yeux sont comme des stroboscopes enflammés qui découpent le réel comme une hache le bois. Tout vole. Tout tangue et je me sens terriblement ancré sur la terre.

Je suis lourd et léger, empoisonné et guéri.

Je remonte dans mon vieux Berliet d'après-guerre. L'aventure continue !

Ambiance musicale : Beruriers Noirs

Nous sommes les rebelles / Nous marchons libres dans la rue / La jungle nous appelle/

Par PB
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