Transports amoureux

Publié le par PB

J'avoue lire avec une bienveillante tendresse (teintée d'étonnement face à tant de fraîcheur naïve) la rubrique "transports amoureux" du quotidien Libération.
C'est une rubrique de la page des petites annonces : rien ne s'y vend, rien ne s'y échange, simplement, des amoureux transis, des timides, des gens à l'esprit d'escalier écrivent ce qu'ils auraient voulu dire à la belle personne qui est monté dans le bus en meme temps qu'eux. Ou plutôt, ils écrivent qu'ils auraient bien voulu ouvrir la bouche... Et réclament au hasard une deuxième chance.

La probabilité que la blonde du bus 159 lise l'annonce du timide brun qui osa à peine la regarder est proche de zéro. Mais cela fait partie de la poétique de ces petites annonces particulières.

Aussi, puisqu'elles sont parfaitement inutiles, autant qu'elles soient fictives. L'annonceur a plus de chance d'émouvoir le lecteur que la blonde du bus 159.
En voici donc quelques-unes de ma fabrication, comme une incitation à la rêverie. 

Bus 98
Moi, petit brun à l'écharpe rouge. Je lisais Dostoievski, vous faisiez les mots croisés d'un journal gratuit. Vous revoir.

RER A, décembre dernier
Les Grésillons à jamais seront gravés dans ma mémoire. A Genevilliers, vous revoir, gare où vous descendites, port où j'aimerais vous accoster.

Ligne 6
A quelle langueur
A la station Pasteur,
Avez vous fait éprouver à mon coeur.
Dans votre rouge robe
Vous lisiez la vie des microbes.
A votre regard je me dérobe
Pour que vous ne puissiez voir ma rougeur
Qui de mon désir trahissait l'ardeur
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Publié dans Ma vie dans le métro

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